
Forfait « Médecines douces » : est-ce là que se cache le remboursement psy ?
Parfois, oui. Certains contrats de complémentaire santé rangent les séances de psychologue dans leur forfait « médecines douces », « bien-être » ou « prévention », d’autres non. Il n’existe pas de règle générale : la réponse figure dans la liste des professions couvertes par votre contrat, dans son plafond et dans ses justificatifs. Ce forfait intervient en outre dans deux situations très différentes : en complément de Mon soutien psy, où la complémentaire couvre le reste à charge, ou pour des séances qui restent hors du dispositif public.
Cet article explique comment fonctionne ce type de forfait, ce que la loi impose et n’impose pas aux mutuelles, et comment vérifier en quelques minutes ce que votre contrat prévoit réellement.
À retenir
– Un forfait « médecines douces » est une garantie propre à chaque contrat : il n’est pas prévu par l’Assurance Maladie, et son contenu varie d’un assureur à l’autre.
– Certains assureurs y incluent le psychologue, d’autres non : seule la liste de votre contrat fait foi.
– Dans Mon soutien psy, la séance coûte 50 €, dont 60 % pris en charge par l’Assurance Maladie ; les 40 % restants peuvent être couverts par la complémentaire.
– Pour les séances hors dispositif, la complémentaire est la seule source de remboursement possible, dans la limite de son forfait.
Ce qu’est un forfait « médecines douces »
Un forfait médecines douces est une garantie facultative de la complémentaire santé. Elle permet de recevoir un remboursement pour des pratiques que l’Assurance Maladie ne prend pas en charge, comme l’ostéopathie, l’acupuncture ou la sophrologie. Selon la page du groupe Groupama consacrée au sujet, cette prise en charge prend deux formes principales : un forfait annuel en euros, par exemple 150 € par an, ou une prise en charge à la séance, par exemple 60 € par séance dans la limite de 3 séances par an. Ces montants sont donnés à titre d’exemples par l’assureur et ne valent pas pour tous les contrats.
Le point essentiel est que cette garantie relève du contrat, pas du droit commun. Elle n’existe que si le contrat la prévoit, et ses conditions sont fixées par l’assureur : nom des pratiques couvertes, nombre de séances, plafond annuel, plafond par séance, délai d’attente éventuel.
Le psychologue est-il dans la liste ?
C’est la vraie question. Selon la même page de Groupama, l’assureur peut couvrir des professions de santé réglementées à diplôme national, dont le psychologue titulaire d’un master, en plus de pratiques dites alternatives. Cette page précise que la couverture dépend des termes de chaque contrat et qu’il faut vérifier que la pratique figure sur la liste de l’assureur.
Concrètement, trois cas de figure se rencontrent :
- le contrat cite expressément les consultations de psychologue dans son forfait ;
- le contrat les couvre dans une rubrique plus large, par exemple « prévention » ou « bien-être », qui inclut aussi d’autres actes ;
- le contrat ne les mentionne pas, et aucun remboursement n’est prévu.
Dans le deuxième cas, il arrive que le montant soit partagé avec d’autres actes. Un plafond partagé avec l’ostéopathie, par exemple, réduit d’autant ce qui reste pour la psychologie.
Le titre du praticien compte
Les assureurs qui listent le psychologue exigent en général que son titre soit vérifiable. Un psychologue est inscrit sur le répertoire ADELI ou sur le RPPS, selon la foire aux questions de l’Assurance Maladie destinée aux psychologues. Le psychothérapeute est un cas particulier : son titre est encadré par le décret n° 2010-534 du 20 mai 2010, mais il n’est pas nécessairement inclus dans la liste des professions couvertes par un contrat donné. Un psychanalyste ou un psychopraticien non psychologue sera souvent traité comme une pratique alternative, à condition que le contrat couvre cette catégorie.
Pour un panorama des nuances, voyez les nuances des contrats entre psychopraticien et psychologue.
Deux usages très différents de la mutuelle
Beaucoup de confusion vient du fait que la complémentaire intervient de deux façons distinctes.
Dans Mon soutien psy : le ticket modérateur
La page de l’Assurance Maladie mise à jour le 16 septembre 2026 indique un tarif de 50 € pour l’entretien d’évaluation et de 50 € pour chacune des séances de suivi, dans la limite de 12 séances par an au total. L’Assurance Maladie rembourse 60 % et les 40 % restants peuvent être pris en charge par la complémentaire santé ou par la complémentaire santé solidaire. Les psychologues du dispositif ne peuvent pas pratiquer de dépassement d’honoraires.
Ici, la mutuelle n’utilise pas un forfait médecines douces : elle rembourse la part complémentaire de l’acte, selon les règles ordinaires de votre contrat. La page de Groupama consacrée au contrat responsable précise que ce type de contrat couvre obligatoirement l’intégralité du ticket modérateur pour les dépenses prises en charge par l’assurance maladie obligatoire. Les exceptions listées sur cette page sont la participation forfaitaire de 2 €, les franchises médicales, les majorations liées au non-respect du parcours de soins et les dépassements hors réseau. Dans la pratique, la part restante d’une séance Mon soutien psy dépend donc de la nature de votre contrat.
Hors dispositif : le forfait libre
Pour un psychologue qui n’adhère pas au dispositif, ou pour les séances au-delà des 12 séances annuelles, l’Assurance Maladie ne rembourse rien. La seule aide possible provient alors de votre complémentaire, généralement via son forfait de type « médecines douces » ou « bien-être », si le contrat le prévoit et dans les limites qu’il fixe.
C’est dans ce second usage que la formule « le remboursement psy se cache dans le forfait médecines douces » est la plus juste. Pour les questions de cumul pratique, lisez comment cumuler le forfait médecine douce et le ticket modérateur.
Ce que la loi impose (et n’impose pas)
Un contrat dit « responsable » suit un cahier des charges défini par la loi, avec des niveaux minimaux et maximaux de garanties. Selon la page de Groupama sur le sujet, ce cahier des charges impose notamment le remboursement intégral du ticket modérateur pour les frais pris en charge par l’assurance maladie obligatoire. Cette même page ne mentionne pas d’obligation de couvrir les médecines douces, et aucune règle du contrat responsable ne vous garantit un forfait psychologie.
En clair : la mutuelle est tenue de couvrir la part complémentaire des soins remboursés par l’Assurance Maladie, mais elle n’est pas tenue de financer des séances qui ne le sont pas. Un forfait pour des séances hors dispositif est un avantage commercial, pas un droit.
Cette distinction explique pourquoi deux mutuelles au prix proche peuvent proposer des garanties très différentes, et pourquoi il faut lire le tableau de garanties avant de s’engager. Pour comparer la logique des plafonds, voyez la différence entre plafond global et forfait dédié.
Comment vérifier son contrat en cinq minutes
Plutôt que d’attendre un refus de remboursement, vérifiez avant la première séance.
- Ouvrez le tableau de garanties. Cherchez les rubriques « médecines douces », « médecines alternatives », « prévention », « bien-être » ou « santé mentale ».
- Repérez la liste des professions. Le psychologue est-il cité nommément ? Le psychothérapeute ? Le psychopraticien ?
- Notez le mode de calcul. Forfait annuel en euros, remboursement à la séance, nombre maximal de séances, partage éventuel avec d’autres actes.
- Vérifiez les conditions. Titre du praticien, numéro d’identification, facture détaillée, délai de carence.
- Posez la question par écrit. Demandez à votre assureur si les séances d’un psychologue donné entrent dans la garantie. Une réponse écrite vous protège en cas de litige.
Selon la page de Groupama, l’éligibilité suppose de vérifier que la pratique figure sur la liste de l’assureur et, pour certains soins, de respecter le parcours de soins coordonné. Sur les modalités pratiques de transmission des factures, consultez comment envoyer ses factures de psy à sa mutuelle.
Les pièges les plus fréquents
Quelques pièges reviennent régulièrement dans les contrats.
Le plafond partagé. Un forfait de 150 € annuel qui couvre à la fois ostéopathie, acupuncture et psychologie peut être épuisé en une ou deux séances. Le plafond par séance, s’il existe, limite encore le remboursement.
La liste fermée. Un contrat qui cite seulement certaines pratiques exclut les autres, même si elles vous semblent voisines.
Le titre du praticien. Un intitulé flou sur la facture, comme « thérapeute » ou « coach », peut entraîner un refus, alors qu’un psychologue inscrit au répertoire officiel sera plus facilement accepté. La question du titre est développée dans la prise en charge par la mutuelle d’un psychologue non conventionné.
La confusion entre les deux usages. Utiliser le forfait médecines douces pour une séance Mon soutien psy est inutile : la mutuelle intervient là au titre du ticket modérateur. Le forfait doit être gardé pour les séances hors dispositif.
Le mode de remboursement. Selon les contrats, le remboursement se fait à la séance ou sous forme d’enveloppe annuelle. Pour choisir entre ces deux logiques, lisez la comparaison entre remboursement à la séance et forfait annuel.
Questions fréquentes
Mon forfait médecines douces peut-il couvrir un psychologue ?
Cela dépend de votre contrat. Certains assureurs incluent les psychologues dans leur forfait, d’autres non. La liste des professions et pratiques couvertes figure dans votre tableau de garanties, et la seule réponse fiable est celle de votre assureur.
Faut-il utiliser ce forfait pour Mon soutien psy ?
Non, en principe. Dans le dispositif, l’Assurance Maladie prend en charge 60 % du tarif de 50 € par séance, et la complémentaire santé peut couvrir les 40 % restants. Le forfait médecines douces sert plutôt aux séances hors dispositif, lorsque le contrat le permet.
La mutuelle peut-elle refuser de rembourser un psychologue ?
Si le contrat ne prévoit aucune garantie pour ces séances, oui : elle n’est pas obligée de financer des soins qui ne sont pas pris en charge par l’Assurance Maladie. Elle doit en revanche appliquer les garanties écrites dans votre contrat.
Un psychothérapeute est-il traité comme un psychologue ?
Pas toujours. Le titre de psychothérapeute est encadré par un décret de 2010, mais il n’ouvre pas automatiquement droit au forfait de votre contrat. Selon l’Assurance Maladie, les psychothérapeutes agréés par les ARS ne sont pas éligibles à Mon soutien psy. Vérifiez la liste de votre assureur.
Conclusion
Le forfait « médecines douces » peut être l’endroit où se loge un remboursement pour des séances de psychologie, mais seulement si votre contrat le prévoit. Il ne s’agit ni d’un droit ni d’une règle générale : c’est une garantie commerciale dont le contenu varie. Dans Mon soutien psy, c’est le ticket modérateur de la complémentaire qui joue, pas ce forfait ; hors dispositif, le forfait est en revanche souvent la seule aide disponible.
Avant de réserver une séance, consultez votre tableau de garanties, repérez la liste des professions et demandez une confirmation écrite à votre assureur.





